Pendant la cérémonie célébrer en mémoire de mon père, ont été évoqué son divorce
d'avec ma mère.
Il me semble que ce n’était ni le lieu ni le moment, je suis sur que mon
père n’aurait pas voulu que l’on aborde ces questions.
Moments, ô combien douloureux dont on ne peut parler comme cela.
Puisque certaines personnes en parlent, je parle aussi, sachant qu’il restera toujours une part de mystère et de
questionnement.
Par contre il est certain, qu'on ne peut jeter la pierre qu’à une seule
personne, tellement l’environnement, l’entourage, les lieux peuvent avoir d’influence
dans ces décisions.
Je ne dirai dans cette page que certaines choses qui sont indiscutables et
qui peuvent simplement nous permettre de voir les choses d’une autre manière.
Ma mère Mita et mon père Daddy se sont mariés pendant la guerre je pense parce qu’ils s’aimaient, peut être trop rapidement mais cela a eu des répercussions positive.
Ma mère Mita et mon père Daddy se sont mariés pendant la guerre je pense parce qu’ils s’aimaient, peut être trop rapidement mais cela a eu des répercussions positive.
Plusieurs fois Mita a sauvé
la vie à Daddy, Patrick mon frère aîné, était déjà né ce qui réduirai
considérablement le nombre de personne qui existe aujourd’hui ! Et moi en
particulier je ne serai pas là pour en parler
Ils ont vécus à Grenoble ou mon
père faisait ses études et ou il a commencé la résistance. Un jour, Mita
prévenue par un ami, que la milice venait de tuer un résistant, elle a attendu
Daddy la peur au ventre et quand il est rentré elle lui a dit qu’il fallait
partir tout de suite car il y avait danger de mort, ce qu’ils ont fait en laissant
tout sur place !
Daddy prenait des risques
mais comme il avait charge de famille, il faisait attention plus que d’autres,
cela lui a certainement sauvé la vie plusieurs fois.
Séverine ma sœur aînée, a été
conçue entre deux missions dangereuses, moment sans doute fort ou il se
ressourçait, je tiens à souligner les angoisses et la peur que pouvait avoir
Mita qui allait de lieux en lieux différents, elle n’était pas en mission et ne
savait pas ce qui se passait, ce qui était bien difficile à vivre.
La guerre est une chose
terrible, l’après guerre aussi, Daddy a fait une grave dépression pendant un an en
1945,46, certainement la présence de ses enfants et de Mita l'a empêché d'en arriver à des extrémités.
Après cette période, leur
situation était très difficile, sans travail, sans vrai lieu de vie !
Ballotée, souvent seule, avec trois
enfants et bientôt un quatrième, moi, ils se retrouvent dans ce coin mythique
du Chambon ou les affres de la guerre n’en finisse pas de faire ses ravages,
lieu de trahison, de lâcheté, ce village a certes sauvé beaucoup d’enfants
juifs mais à quel prix ?
Jusque là ces faits sont indiscutables
hélas.
Connaissez-vous ce qu’on
appelle « la mémoire du corps » : après un traumatisme, psychologique
ou physique, notre corps garde en mémoire le ou les traumatismes. Chaque fois
que quelque chose rappelle ce traumatisme, un simple geste, une odeur, un
bruit, toute la mémoire engrangé refait
surface
Il était impossible que mon
père et ma mère reste ensemble puisque chaque fois leur revenait en pleine
figure, les angoisses, les tourments, les peurs au ventre, de la guerre, leur
couple s’est construit sur ces bases là, insupportables.
La suite n’est qu’un
épilogue, comment ont-ils décidés de se séparer? Ils étaient beaux tous les
deux, ils avaient sans doute leurs idylles, peu importe je ne suis pas là pour
juger et ne le ferais pas.
La guerre les a détruit, on
ne peut regretter qu’ils aient été ensemble, ils ont eu quatre enfants et des
petits enfants et arrières petits enfants, c’est une grande grâce, protégeons
ces trésors que nous sommes. La naissance de mes frères Eric et de Pascal suite
à son remariage aussi est une grâce, ainsi que les petits enfants qui en ont
découlés! »
Voilà ce que je voulais
partager, dans ces quelques lignes, afin d’ouvrir nos horizons et de ne pas
rester sur des à priori et des supputations.