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jeudi 27 septembre 2012

Mon père et ma mère


           Pendant la cérémonie célébrer en mémoire de mon père, ont été évoqué son divorce d'avec ma mère.
Il me semble que ce n’était ni le lieu ni le moment, je suis sur que mon père n’aurait pas voulu que l’on aborde ces questions.
           Moments, ô combien douloureux dont on ne peut parler comme cela.
Puisque certaines personnes en parlent, je parle aussi, sachant qu’il restera toujours une part de mystère et de questionnement.
           Par contre il est certain, qu'on ne peut jeter la pierre qu’à une seule personne, tellement l’environnement, l’entourage, les lieux peuvent avoir d’influence dans ces décisions.

           Je ne dirai dans cette page que certaines choses qui sont indiscutables et qui peuvent simplement nous permettre de voir les choses d’une autre manière.

                  Ma mère Mita et mon père Daddy se sont mariés pendant la guerre je pense parce qu’ils s’aimaient, peut être trop rapidement mais cela a eu des répercussions positive.
         Plusieurs fois Mita a sauvé la vie à Daddy, Patrick mon frère aîné, était déjà né ce qui réduirai considérablement le nombre de personne qui existe aujourd’hui ! Et moi en particulier je ne serai pas là pour en parler
         Ils ont vécus à Grenoble ou mon père faisait ses études et ou il a commencé la résistance. Un jour, Mita prévenue par un ami, que la milice venait de tuer un résistant, elle a attendu Daddy la peur au ventre et quand il est rentré elle lui a dit qu’il fallait partir tout de suite car il y avait danger de mort, ce qu’ils ont fait en laissant tout sur place !
         Daddy prenait des risques mais comme il avait charge de famille, il faisait attention plus que d’autres, cela lui a certainement sauvé la vie plusieurs fois.
         Séverine ma sœur aînée, a été conçue entre deux missions dangereuses, moment sans doute fort ou il se ressourçait, je tiens à souligner les angoisses et la peur que pouvait avoir Mita qui allait de lieux en lieux différents, elle n’était pas en mission et ne savait pas ce qui se passait, ce qui était bien difficile à vivre.
         La guerre est une chose terrible, l’après guerre aussi, Daddy a fait une grave dépression pendant un an en 1945,46, certainement la présence de ses enfants et de Mita l'a empêché d'en arriver à des extrémités.

         Après cette période, leur situation était très difficile, sans travail, sans vrai lieu de vie !
Ballotée, souvent seule, avec trois enfants et bientôt un quatrième, moi, ils se retrouvent dans ce coin mythique du Chambon ou les affres de la guerre n’en finisse pas de faire ses ravages, lieu de trahison, de lâcheté, ce village a certes sauvé beaucoup d’enfants juifs mais à quel prix ?
         Jusque là ces faits sont indiscutables hélas.
         Connaissez-vous ce qu’on appelle « la mémoire du corps » : après un traumatisme, psychologique ou physique, notre corps garde en mémoire le ou les traumatismes. Chaque fois que quelque chose rappelle ce traumatisme, un simple geste, une odeur, un bruit,  toute la mémoire engrangé refait surface
         Il était impossible que mon père et ma mère reste ensemble puisque chaque fois leur revenait en pleine figure, les angoisses, les tourments, les peurs au ventre, de la guerre, leur couple s’est construit sur ces bases là, insupportables.
        
         La suite n’est qu’un épilogue, comment ont-ils décidés de se séparer? Ils étaient beaux tous les deux, ils avaient sans doute leurs idylles, peu importe je ne suis pas là pour juger et ne le ferais pas.
         La guerre les a détruit, on ne peut regretter qu’ils aient été ensemble, ils ont eu quatre enfants et des petits enfants et arrières petits enfants, c’est une grande grâce, protégeons ces trésors que nous sommes. La naissance de mes frères Eric et de Pascal suite à son remariage aussi est une grâce, ainsi que les petits enfants qui en ont découlés! »
         Voilà ce que je voulais partager, dans ces quelques lignes, afin d’ouvrir nos horizons et de ne pas rester sur des à priori et des supputations.