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jeudi 27 septembre 2012

Mon père


Mon père est décédé en ce mois d'août de cette année 2012.
L'absence reste quelque chose de surprenant
je veux croire, comme nous l'enseigne la nature, voyez la chrysalide ou l'imago, allez sur internet c'est fascinant, je veux croire que la vie continue autrement.
Je pense même devant leur silence, je pense que c'est tellement bien là ou ils sont, et ils savent que nous allons arriver bientôt, donc ils ne se font pas de soucis et goûtent au bonheur sans doute inexprimable qu'ils ont, c'est pour cela que nous sommes dans cette attente un peu étrange.
Voici le mot que j'ai écrit pour son départ, ce qu'il m'a partagé ces derniers temps.

Ce petit mot afin de vous partager une des passions de mon père, que j’ai encore plus réalisée ces dernières années : la théologie.
Depuis trois ans nous partagions sur plusieurs questions importantes.
Les deux livres qu’il a écrits (l’homme et les mythes et héritages) en plus de ses romans,  montrent combien il creusait profondément les sujets pour essayer de trouver la vérité.
Il y a quelques années, il m’avait fait part d’ailleurs de son désir d’écrire un livre qu’il aurait intitulé : « la vérité ».
Les deux grandes questions sur lesquelles nous avons beaucoup partagé ensemble sont : le Sacré, et la foi.
         Permettez-moi de survoler ces deux questions.
Le Sacré : Après avoir fait des recherches dans les dictionnaires, interrogé des théologiens, lu des ouvrages comme « la violence et le sacré » de René Girard, après m’en avoir parlé plusieurs fois, il m’a dis en juin, il y a quatre mois, comme une conclusion de ces recherches : C’est l’homme qui fabrique le sacré, hélas pour exercer un pouvoir.
         Je suis frappé de constater dans l’actualité des ces dernières semaines comment on se sert du sacré pour emprisonner, tuer, en Orient comme en Occident d’ailleurs.
L’autre sujet la foi : il m’a fait cette réflexion que le problème venait du  premier concile : « à trop vouloir enfermer le message de Dieu dans une doctrine, on en perd l’essentiel de son essence ».
Message me disait-il qui se résume à aimer son prochain comme soi-même. Finalement c’est un problème de société très actuel aussi. Si on croit, on se doit de croire à un Dieu d’Amour et non de morale.

Je rends grâce pour ces moments passé avec lui où il a pu me partager ce qu’il considérait comme l’essentiel.
Je veux croire que, comme nous l’enseigne la nature (voyez la chrysalide, l’imago, allez voir sur internet, c’est fascinant), je veux croire que la vie continue après et que ces dernières paroles qu’il m’a transmises sont des paroles d’espérance.
Merci
         Jean Marc, Hammel, les Buissonnets 47360 Prayssas.

P.S Je viens de trouver ces citations, elles valent leur pesant d’or :
         Cité par René Girard le père Carré, académicien, dis à la fin de sa vie : « Sainteté ou non la question ne se pose plus ainsi. Je ne pense qu’à la tendresse de Dieu. »

         Et Michel Serres résumant René Girard dis : « le saint se distingue du sacré. Le sacré tue, le saint pacifie. Non violente, la sainteté s’arrache à l’envie, aux jalousies, aux ambitions vers les grandeurs d’établissement…….et ainsi nous délivre des rivalités dont l’exaspération conduit vers les violences du sacré. Le sacrifice dévaste, la sainteté enfante……le sacré unit violence et mensonge, meurtre et fausseté ….le saint accorde amour et vérité.»
(le tragique et la pitié p : 44 et 95 imprimer en 2007)